Enquête

Police robotisée en Chine : humanoïdes, chiens-robots, drones et RT-G

La Chine assemble déjà humanoïdes de circulation, quadrupèdes, drones, véhicules autonomes et robot sphérique. Voici ce que ces pilotes font vraiment — et ce qu’ils ne prouvent pas.

Humanoïde de circulation, robot sphérique, chien-robot, drone et véhicule autonome réunis sur une place urbaine chinoise
Statut éditorialPilotes confirmés · autonomie et échelle à vérifier

Le point de la rédaction

Confirmé

Shanghai, Hangzhou, Pékin et Wenzhou ont présenté des pilotes associant humanoïdes, drones, chiens-robots, véhicules autonomes ou RT-G.

Déclaré

Les autorités et développeurs annoncent détection, patrouille, coordination air-sol, secours et retour autonome à la recharge selon les sites.

À confirmer

Taux d’erreur, autonomie réelle, coûts, incidents, règles détaillées sur les données et généralisation nationale ne sont pas publiés.

Chronologie vérifiée

  1. Le RT-G sphérique est filmé en patrouille avec la police spéciale à Wenzhou.

  2. Beijing E-Town présente véhicules autonomes, patrouilles humaines et deux chiens-robots coordonnés.

  3. Hangzhou lance une unité de patrouille IA air-sol au lac de l’Ouest.

  4. Shanghai annonce le pilote de deux humanoïdes de circulation près du centre Expo.

Les machines et leurs rôles documentés

Fonctions confirmées dans les sources officielles consultées, sans extrapoler leur autonomie.
FamilleMission documentéeLimite à retenir
HumanoïdeCirculation, orientation, messages et patrouille à ShanghaiAucun pouvoir autonome de sanction établi
Chien-robotInspection de terrain et accès aux passages complexesEndurance, réseau et taux d’erreur non publiés
DroneVue aérienne, recherche et appui à la coordinationDépend de l’espace aérien, de la météo et d’un opérateur
Véhicule autonomePatrouille mobile, transport et relais de donnéesLe niveau d’autonomie ne vaut que dans son domaine prévu
RT-G sphériquePatrouille, inspection et intervention en milieu difficileDéploiement à grande échelle non démontré

Il n’existe pas un robot policier chinois, mais plusieurs familles

En Chine, l’expression « police robot » recouvre des machines très différentes. Deux humanoïdes testés à Shanghai orientent la circulation et renseignent le public. À Hangzhou, une unité de patrouille associe chiens-robots, drones et véhicules autonomes. À Pékin, des chiens-robots inspectent le sol en coordination avec des véhicules de niveau 4. À Wenzhou, le RT-G adopte une forme sphérique pour rouler et résister à des terrains difficiles.

Ces exemples sont des pilotes, des démonstrations ou des moyens spécialisés. Les sources officielles consultées ne décrivent pas une police autonome capable d’enquêter, d’arrêter, de sanctionner ou d’employer la force sans décision humaine. La première distinction à conserver est donc celle entre mobilité robotisée, perception automatisée et pouvoir de police.

Shanghai : l’humanoïde devient agent de circulation assisté

Le 17 juillet 2026, la municipalité de Shanghai a présenté un pilote mené par la sécurité publique et l’entreprise Qingtian Zhixing près du centre d’exposition de l’Expo. Deux humanoïdes sont affectés à quatre tâches annoncées : direction du trafic, orientation, service au public et patrouille. Leur base de connaissances répond en chinois et en anglais sur les itinéraires et les règles de circulation.

La ville indique que la vision multimodale permet de reconnaître les feux, de guider les véhicules et de repérer certains comportements : absence de casque sur un deux-roues électrique, franchissement de ligne, transport illégal de passager, passage piéton au rouge ou circulation hors de la zone prévue. Le robot émet alors un message vocal. La page officielle ne dit pas qu’il identifie juridiquement une personne, dresse une contravention ou décide d’une sanction.

Une cabine de recharge complète le dispositif. Lorsque l’énergie baisse, le robot peut y retourner de façon autonome. C’est un détail opérationnel important : un service public robotisé dépend autant de la recharge, de la disponibilité réseau et de la maintenance que de la démonstration visible au carrefour.

Hangzhou et Pékin : une patrouille coordonnée depuis l’air et le sol

À Hangzhou, la première unité de patrouille policière assistée par IA du lac de l’Ouest a été lancée le 25 mars 2026. La municipalité décrit un réseau air-sol : les drones apportent une vue aérienne, les chiens-robots atteignent des passages étroits ou complexes, et les véhicules autonomes se déplacent dans les zones fréquentées. Les données sont partagées avec un commandement coordonné. Des équipements de recherche et de sauvetage aquatique font aussi partie du dispositif.

À Beijing E-Town, une démonstration du 8 mars 2025 réunissait 18 véhicules autonomes de niveau 4, 15 voitures de patrouille avec équipage et deux chiens-robots industriels. La ville décrit des quadrupèdes d’environ 65 kg dotés de caméras multispectrales et d’un projecteur, capables d’opérer sous la pluie et par forte chaleur. Une liaison 5G relie l’inspection au sol, les véhicules chargés du transport et la remontée de données.

L’intérêt n’est pas de remplacer chaque policier par une silhouette humanoïde. Il est de distribuer les tâches : observation aérienne, inspection proche du sol, présence mobile, message au public, transport de matériel et retour au poste de commandement.

RT-G : pourquoi une sphère peut être utile

Le RT-G, développé par Rotunbot à Hangzhou, a été filmé avec des policiers d’intervention à Wenzhou fin 2024. Sa coque sphérique protège le mécanisme et lui permet de rouler sans exposer des roues conventionnelles. La municipalité de Hangzhou attribue sa stabilité et son déplacement omnidirectionnel à un système interne à pendule.

Le constructeur vise la patrouille, la détection, le secours et les environnements difficiles, notamment les aéroports, centrales, sites pétroliers et ouvrages hydrauliques. Cette liste décrit des marchés et scénarios visés ; elle ne démontre pas que chaque fonction est déployée à grande échelle. Sa forme convient surtout à l’approche d’une zone risquée, à l’inspection et au relais vidéo, pas à la conversation ou à la manipulation fine.

Leur attirail, fonction par fonction

Les caméras visibles servent à la navigation, au retour vidéo et à la détection d’événements. Une caméra thermique ou multispectrale étend l’observation au-delà de l’image couleur, mais ne transforme pas automatiquement le robot en système d’identification fiable. Un projecteur éclaire une scène ; un haut-parleur diffuse une consigne ; un écran ou un bouton d’appel ouvre un canal avec un opérateur humain.

Les drones donnent une vue d’ensemble et peuvent rejoindre rapidement un secteur. Les quadrupèdes passent sur des escaliers, des gravats ou des espaces trop étroits pour une voiture. Les véhicules autonomes portent batteries, communications et matériel. Les cabines ou bornes de recharge assurent la continuité. Enfin, la liaison avec le centre de commandement permet à des humains de regarder, décider, reprendre la main et conserver une trace de l’intervention.

Aucune de ces briques ne garantit à elle seule la sécurité. Il faut mesurer les angles morts, faux positifs, interruptions radio, durée réelle de batterie, freinage au milieu des piétons, résistance à la pluie, cybersécurité, journalisation et capacité d’arrêt.

Surveillance, biométrie et responsabilité

Un robot mobile multiplie les points de vue et rapproche les capteurs des personnes. La question critique n’est donc pas seulement « sait-il marcher ? », mais « quelles données collecte-t-il, pourquoi, pendant combien de temps et qui peut les consulter ? ». Les pages chinoises consultées décrivent des détections de comportements routiers et des flux temps réel, sans publier d’audit détaillé des jeux de données, taux d’erreur ou règles de conservation.

Une alerte algorithmique ne doit pas devenir une preuve automatique. Les erreurs peuvent venir de la lumière, de la distance, d’une foule, d’un vêtement ou d’un cas non prévu. Toute conséquence pour une personne exige une base légale, une vérification humaine, une possibilité de contestation et une chaîne de responsabilité identifiable.

Ce que sera probablement le policier robotisé de demain

Le scénario le plus crédible n’est pas un humanoïde qui remplace un commissariat. C’est une équipe mixte : drones pour la première vue, robots terrestres pour le danger, véhicules autonomes pour la logistique, humanoïdes ou bornes mobiles pour l’information, logiciels pour trier les signaux, et policiers responsables des décisions.

Le progrès décisif se mesurera moins à l’apparence qu’au taux d’incident, à la disponibilité, au nombre d’alertes utiles, à la réduction de l’exposition humaine et à la qualité du contrôle public. Sans ces données, une vidéo impressionnante reste une démonstration, pas la preuve d’un service de police meilleur.

Questions fréquentes

La Chine utilise-t-elle déjà des robots policiers humanoïdes ?

Oui, mais dans des pilotes limités. Shanghai teste depuis juillet 2026 deux humanoïdes pour circulation, orientation, service et patrouille ; la source officielle ne leur attribue pas un pouvoir autonome de sanction.

Quels équipements portent les robots policiers chinois ?

Selon les projets : caméras couleur, thermiques ou multispectrales, projecteurs, haut-parleurs, écrans, capteurs de navigation et liaisons avec un centre de commandement. Les configurations varient selon la machine.

Le RT-G est-il un robot armé ?

Les sources municipales consultées le présentent pour patrouille, détection, secours et environnements difficiles. Elles n’établissent pas ici une capacité armée opérationnelle.

Ces robots remplacent-ils les policiers ?

Les déploiements documentés les associent à des agents et à des centres de commandement. Ils augmentent la perception, la mobilité ou la présence ; les sources ne prouvent pas un remplacement autonome des pouvoirs de police.

Sources & méthode

Sources publiques, annonces et dates revérifiées le 20 juillet 2026. Une démonstration ou une communication officielle établit ce qui a été montré ou déclaré, pas une performance généralisée.

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